9 millions de Français sous benzodiazépines, et des jeunes de plus en plus nombreux
Il y a ce comprimé posé sur la table de nuit, pris au départ pour passer un cap. Les semaines ont filé, et l'idée de s'endormir sans lui fait aujourd'hui plus peur que l'insomnie elle-même. Cette situation, beaucoup la connaissent : plus de 9 millions de Français ont reçu une benzodiazépine en 2024. Comprendre ce qui se joue dans votre système nerveux, c'est déjà reprendre la main.
9 millions de Français traités, la France au 2e rang européen
Les benzodiazépines regroupent la plupart des anxiolytiques prescrits en France (alprazolam, bromazépam, lorazépam, oxazépam), ainsi que des somnifères proches comme le zolpidem ou la zopiclone. En 2024, plus de 9 millions de Français en ont reçu au moins une, selon l'ANSM, qui situe la France au 2e rang européen, derrière l'Espagne. Rapporté à la population, cela représente environ 34 unités par habitant et par an, contre 54 en Espagne, d'après les chiffres présentés par l'agence en avril 2025.

Un chiffre surprend pourtant : sur dix ans, la consommation globale d'anxiolytiques baisse lentement. Les ventes en pharmacie de ville sont passées de 44,9 à 36,7 doses quotidiennes pour 1 000 habitants et par jour entre 2012 et 2022, avec un rebond net pendant la crise sanitaire, revenu à la tendance fin 2022 (De Bandt et al., 2024). Sur la même période, les antidépresseurs suivent le chemin inverse : 49,1 doses en 2019, 55,2 en 2022. La France part donc de très haut, et le niveau reste élevé.
Le problème tient à la durée des traitements. Environ 40 % des personnes traitées, soit quelque 3,6 millions, dépassent les durées recommandées, selon l'ANSM. Ces durées sont courtes par principe : quelques jours à trois semaines pour un somnifère, 12 semaines au maximum pour un anxiolytique. Et plus d'une personne sur trois estime ne courir aucun risque avec ce traitement, un décalage que l'agence cherche justement à combler.
936 000 jeunes sous psychotropes en 2023
Le tableau change complètement quand on regarde les adolescents et les jeunes adultes. En 2023, 936 000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés d'au moins un psychotrope, selon l'Assurance Maladie : 18 % de plus qu'en 2019, alors que la population de cette tranche d'âge n'a progressé que de 3 %. Les antidépresseurs ont bondi d'environ 60 % sur la même période. La hausse est nette.
Les anxiolytiques concernent à eux seuls deux tiers de ces jeunes sous psychotropes. Leur hausse reste plus modeste, autour de 8 %, et elle repose entièrement sur les filles. Chez les plus âgés de ce groupe, les benzodiazépines arrivent en tête des molécules délivrées. Une étude nationale publiée en 2024 confirme cette hausse durable chez les 12-18 ans et les 19-25 ans, pour toutes les grandes familles de psychotropes étudiées, avec une progression plus marquée chez les jeunes femmes (Lamer et al., 2024). Dans le même temps, le nombre de consommateurs d'anxiolytiques recule dans la population générale.
Ces prescriptions suivent l'évolution de la santé mentale mesurée dans la population. En 2024, 15,6 % des adultes ont traversé un épisode dépressif caractérisé dans l'année, et 6,3 % un trouble anxieux généralisé, selon Santé publique France. L'Occitanie figure parmi les régions où l'épisode dépressif est significativement plus fréquent. Près de 44 % des personnes concernées n'ont reçu aucune prise en charge, ce qui souligne l'ampleur du besoin d'accompagnement.
Du réveil difficile aux chutes chez les aînés
À court terme, l'effet se ressent dès le lendemain matin : la tête lourde, une réunion où les mots arrivent avec un temps de retard, un prénom qui échappe au moment de saluer un collègue, une vigilance émoussée sur la route. Depuis 2017, toutes les benzodiazépines portent le pictogramme de niveau 3, le plus élevé, qui signale un danger majeur au volant. Des études internationales associent leur prise à un risque d'accident augmenté de 60 à 80 %, multiplié par huit en cas d'alcool, rappelle l'ANSM.
À moyen terme, le cerveau s'adapte à la présence du médicament. La même dose apaise moins. Et un arrêt brutal peut ramener l'anxiété ou l'insomnie avec plus d'intensité qu'au départ. Ce mécanisme de tolérance et de dépendance explique pourquoi un traitement prévu pour quelques semaines se prolonge parfois des années, sans que la personne l'ait vraiment décidé.
À long terme, l'enjeu concerne d'abord les aînés : près d'un patient sur deux a plus de 65 ans. Pensez à ce parent qui se lève la nuit pour aller aux toilettes, la jambe moins sûre, dans un couloir sombre. Chez lui, l'ANSM souligne le risque de chutes et de fractures, ainsi que des troubles de la mémoire ; un lien possible avec la démence est discuté par la recherche, sans conclusion définitive à ce jour.
À l'échelle du pays, ces effets s'additionnent. D'un côté, des hospitalisations après une chute et des accidents de la route ; de l'autre, une génération de jeunes adultes qui entre dans la vie active avec un traitement au long cours. La santé mentale a d'ailleurs été déclarée Grande cause nationale en 2025, signe que la question dépasse largement l'ordonnance individuelle et touche à notre santé publique.
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Le système nerveux autonome fonctionne avec deux pédales : le système sympathique joue le rôle d'accélérateur et prépare à réagir ; le système parasympathique joue le rôle de frein et permet de récupérer et de dormir. Face à un stress qui dure, entre charge de travail et nuits hachées, le pied reste sur l'accélérateur, jour après jour.
Les benzodiazépines renforcent l'action du GABA, le principal neurotransmetteur qui freine l'activité des neurones. Elles agissent donc directement sur le frein, ce qui explique leur efficacité rapide. L'ANSM le formule elle-même : ces médicaments constituent une aide temporaire pour atténuer les symptômes, et la recherche de la cause reste la base de la prise en charge.
Cet état d'alerte prolongé se lit souvent dans la posture : épaules remontées vers les oreilles, respiration haute, muscles du cou et de la mâchoire contractés, dos qui se raidit en fin de journée. Au centre de cet équilibre se trouve la colonne vertébrale. Elle protège la moelle épinière, par où transitent les informations entre le cerveau et le corps, et ses articulations envoient en permanence au cerveau des informations sur la position et le mouvement.
Ce que la chiropratique apporte à la colonne et au système nerveux
La chiropratique aide le corps à mieux fonctionner. Elle intervient en complément du suivi médical et ne traite aucune pathologie anxieuse ou dépressive. Son terrain est la colonne vertébrale et le système nerveux qu'elle protège.
Une subluxation vertébrale désigne, selon l'OMS, une lésion ou un dysfonctionnement d'une articulation dont l'alignement, le mouvement ou la fonction sont altérés, sans perte de contact entre les surfaces articulaires. Le complexe de subluxation vertébrale figure dans la CIM-11 sous le code ME93.Y. La recherche contemporaine parle aussi de contrôle moteur segmentaire central : la façon dont le cerveau perçoit et pilote chaque segment de la colonne.
Les travaux de l'équipe de Haavik explorent comment l'ajustement vertébral modifie les échanges d'informations entre la colonne et le cerveau. Dans un essai mené en 2024 chez 76 adultes souffrant de lombalgie chronique, quatre semaines de soins chiropratiques ont été associées à des changements de l'activité cérébrale et à une baisse des scores d'anxiété et de fatigue, à côté de la douleur. Il s'agit d'un essai de petite taille, une piste à confirmer par des essais plus larges.
« Si les émotions sont continuellement en lambeaux, il y aura tôt ou tard de sérieuses conséquences physiologiques. » Virgil V. Strang, *Essential Principles of Chiropractic* (1984)

Le bilan complet en 3D et le suivi en trois phases
À la Clinique de la Colonne, le bilan complet commence par écouter votre histoire, traitements compris. Il associe une analyse posturale en 3D et des tests neurologiques, complétés par une évaluation de la colonne vertébrale, pour mesurer comment votre posture et votre système nerveux réagissent au stress du quotidien. Vous repartez avec une explication claire de ce qui a été observé.
Si la chiropratique peut vous aider, un protocole de suivi personnalisé vous est proposé sur plusieurs mois, en trois phases : correction, stabilisation, puis entretien. Les premiers changements se manifestent souvent sur plusieurs semaines, selon la situation de chacun. Tout au long du suivi, votre médecin reste l'interlocuteur pour vos traitements, et le bilan permet aussi de vous orienter vers lui lorsque la situation le demande.
L'OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social. C'est dans cette vision élargie que s'inscrit la chiropratique : prendre soin régulièrement de la colonne pour que le corps fonctionne au mieux, et avancer pas à pas vers vos 100 % de vitalité.
Quelques repères dès aujourd'hui
- Regardez la durée inscrite sur votre ordonnance. L'ANSM rappelle des repères courts : quelques jours à trois semaines pour un somnifère, 12 semaines au maximum pour un anxiolytique. Au-delà, parlez-en à votre médecin.
- Ne réduisez jamais seul votre traitement. Un arrêt brutal peut raviver l'anxiété ou l'insomnie. Une diminution progressive et encadrée par votre médecin reste la règle.
- Redonnez une place au mouvement et au souffle. Les affiches de la campagne 2025 de l'ANSM mettent elles-mêmes en scène l'activité physique et la méditation : deux leviers simples à glisser dans vos journées.
⚠️ Ne modifiez ni n'arrêtez jamais un anxiolytique, un somnifère ou un antidépresseur sans l'avis de votre médecin. Une somnolence inhabituelle, une confusion, des chutes répétées ou des troubles de la mémoire sous traitement imposent de consulter rapidement. En cas de difficulté à respirer, de malaise ou de prise excessive de médicaments, appelez le 15. Si vous avez des idées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24h/24.
Questions fréquentes
Sources
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (2025). L'ANSM lance une campagne de sensibilisation au bon usage des médicaments dans le traitement de l'anxiété et de l'insomnie. ANSM. ↗
- Franceinfo. (2025, 10 avril). Anxiolytiques : 40% des personnes sous traitement le sont sur des durées non conformes, alerte l'ANSM. ↗
- Le Quotidien du Médecin. (2025, 10 avril). Anxiété et insomnie : l'ANSM lance une campagne de sensibilisation au bon usage des benzodiazépines. ↗
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (2017). État des lieux de la consommation des benzodiazépines en France. ANSM. ↗
- Assurance Maladie. (2024). Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l'Assurance Maladie pour 2025 (rapport Charges et produits). ↗
- De Bandt, D., Haile, S. R., Devillers, L., Bourrion, B., & Menges, D. (2024). Prescriptions of antidepressants and anxiolytics in France 2012-2022 and changes with the COVID-19 pandemic: interrupted time series analysis. BMJ Mental Health, 27(1), e301026. ↗
- Lamer, A., Saint-Dizier, C., Levaillant, M., Hamel-Broza, J.-F., Ayed, E., Chazard, E., Bubrovszky, M., D'Hondt, F., Génin, M., & Horn, M. (2024). Prolonged increase in psychotropic drug use among young women following the COVID-19 pandemic: a French nationwide retrospective study. BMC Medicine, 22(1), 274. ↗
- Léon, C., Perrin, L., Gillaizeau, I., & Papadopoulos, A. (2025). Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins. Baromètre de Santé publique France, résultats de l'édition 2024. Santé publique France. ↗
- Haavik, H., Niazi, I. K., Amjad, I., Kumari, N., Ghani, U., Ashfaque, M., Rashid, U., Navid, M. S., Kamavuako, E. N., Pujari, A. N., & Holt, K. (2024). Neuroplastic Responses to Chiropractic Care: Broad Impacts on Pain, Mood, Sleep, and Quality of Life. Brain Sciences, 14(11), 1124. ↗
- World Health Organization. (2005). WHO guidelines on basic training and safety in chiropractic. WHO.
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